L’association MAJO

Depuis 50 ans, la MAJO, association d’éducation populaire, a pour but d’accueillir des jeunes de tous horizons. Elle s’y attache à titre individuel et les accompagne dans leur parcours professionnel en respectant leur autonomie, leur différence et leur histoire. Mais elle s’intéresse aussi au groupe lors de séjours détente, culturels, sportifs au cœur de la Sologne.
Ainsi, pour assurer cette mission, elle s’applique en permanence à développer le professionnalisme de ses équipes en maintenant un esprit associatif fort.

Patrick MARCEAU
Président de l’association MAJO

Les pères fondateurs

Tout commence quand Maurice LEROUX, personnage incontournable lorsque l’on parle de la MAJO, se sentant à l’étroit dans son école de Villefranche sur Cher, s’installe rue de la Pierre, dans l’ancienne école libre Normant. Avec l’aide de la Chambre de commerce, il crée ce qui va devenir les « Ateliers de la chambre de commerce ». Ces ateliers forment des jeunes aux métiers de la métallurgie (ajusteurs, tourneurs, fraiseurs). Très vite le problème du logement de ces jeunes gens se fait sentir. D’où l’idée d’ouvrir un Foyer de Jeunes Travailleurs dont on voyait les balbutiements au niveau national. Des gens de bonne volonté, souvent déjà impliqués dans la vie associative et qui s’intéressent aux autres, vont alors se constituer en une association loi 1901. Ils forment un premier Conseil d’Administration et désignent comme premier président Bernard CHEVALLIER-MAMES. Au mois d’octobre 1958, la MAJO s’installe rue de la Pierre dans des conditions précaires. L’école comptait environ 50 élèves et la MAJO abritait alors près de 25 résidents.

Préparer les jeunes à entrer dans le monde du travail, à s’autogérer, à prendre leurs responsabilités.

tels étaient les buts qu’annonçait Bernard CHEVALLIER-MAMES qui fit toute sa carrière d’inspecteur des impôts à Romorantin.
Immédiatement vont s’imposer aux administrateurs, l’étude et la construction d’un foyer de jeunes travailleurs digne de ce nom. Les FJT proposaient d’éduquer et d’inclure dans une vie sociale normale les jeunes travailleurs à l’endroit où ils trouvaient un emploi, en favorisant l’accès au logement par exemple.

La MAJO se construit

Parallèlement à l’aménagement de la rue de la Pierre de 1958 à 1963, le Conseil d’Administration va multiplier les visites dans d’autres FJT de la région parisienne et approfondir les besoins. Roger GRUET va apporter sa compétence d’expert-comptable, dans sa fonction de trésorier de l’association. C’est certainement grâce à lui que ce qui n’était qu’un vœu pieux deviendra une réalité.
D’autre part, le développement des entreprises, à cette époque, fait exploser la demande et le besoin de loger des jeunes travailleurs se fait sentir avec acuité. Le projet qui prévoyait 50 lits passe rapidement à 100 lits. Il faut donc se presser et trouver des partenaires. La CAF sera immédiatement de la partie, la municipalité de Romorantin subventionnera par l’intermédiaire de l’Office des HLM. Vont donc se succéder : adhésion à l’Union Nationale des FJT et création d’une convention collective car les administrateurs de la MAJO deviennent employeurs…
Tous s’accordent pour reconnaître que ce fut là une époque héroïque où tout le monde devait mettre la main à la pâte, y compris en cuisine. Des métiers étaient à inventer comme directeur ou animateur de FJT.

Cela ne pouvait fonctionner que parce que tous y mettaient leur cœur et leur temps de loisir.

précisait Emile DELARUE, militant catholique à la JOC dès l’âge de 15 ans, administrateur de la CAF, de l’URSSAF, conseiller municipal de 1953 à 1955 puis Maire Adjoint de 1959 à 1962 et président un temps de la MJC.
Dès lors, la première pierre de la nouvelle maison fut posée en juillet 1965 et  ouvrait grand ses portes en 1967.

L’évolution

La progression va être constante, si bien qu’en 1972, l’école d’apprentissage de la CCI ouvre un foyer à son tour, faisant largement progresser la MAJO.
Dans les années 80, étant données les réalités économiques et structurelles du territoire, le conseil d’administration de la MAJO doit réfléchir à un nouveau schéma de développement pour assurer la pérennité de l’existant. Ainsi, il faut dynamiser en ciblant différents publics, en diversifiant l’activité.
Le Centre International de Séjour Jean Monnet pour l’accueil des groupes (voyages scolaires, stages de formation, stages nature…) est créé puis un restaurant associatif est ouvert. Depuis 1996 et jusqu’au 31/12/2014 l’association gèrera le Camping municipal par délégation de service public. La MAJO emploie aujourd’hui 30 personnes.